De la plaine

Ma mer dit des choses libres

avec des cornes de brume

ou de l’écume en bribe

posée sur les toits

 

et si loin qu’on pense à soi

si loin qu’est la mer même

c’est de la peine

qui couvre les eaux

 

et les plaines vagues ont l’idée d’ici

d’ici où la mer dit des choses

d’où elle vague aussi

ainsi que la nuit

 

la rade écume

et pense à la mer

 

Et si loin qu’on y pense

on l’avorte

en ailleurs des plaines

ainsi que soi-même

laissé entre deux eaux

Hiver

Et ce que j’appelle étoile est l’enfance de l’hiver

l’idée que j’ai du ciel

quelque chose qui détournerait la courbe des saisons

où ferait fléchir les choses et même

à une certaine distance

mêlerait à mai des flocons

Et ce que j’appelle étoile est d’où je voudrais vivre

tu peux mentir

l’idée que j’ai de nuits

sans heures coupables

des toiles nues de glace bleu avec

qui sait peut-être

l’Elbe lumineuse et des plaines de neige

en constellations

Et ce que j’appelle étoile sont des noms donnés

ainsi que des fantômes d’espaces blancs

de la mauvaise conscience portée en plaie

ce qu’il me reste de souffle et toi

sans visage

tu peux mentir

tu peux mentir

et être le nom donné à l’étoile d’où je voudrais vivre.