Fragment #6

on vit trop peu d’aimer
le souvenir
que l’on garde du monde
trop peu de croire
qu’au sommet des collines
nous attendra la mer
trop peu de nommer
ce murmure les autres
de laisser l’horizon manger
toute matière
froisser les villes
entières sur nos vitres
abîmer notre peau
à la nuit ou au jour
trop peu d’aimer
notre mémoire
vide