Presque-île

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Je voudrais exister à la manière des presqu’îles, être à demi. Mon ivresse n’est qu’un leurre et je te mens. Je voudrais attendre demain pour me souvenir, ne pas sans cesse faire mon état des lieux. Je voudrais être à la manière des falaises, plonger dans une nuit entière, tête égarée dans l’aube brune. Je voudrais n’être rien qu’une plaine, un ciel retourné en terre, immobile ; être quelque chose dont il est impossible de faire la cartographie. Je voudrais ton sommeil, ta chute, ton angoisse bienheureuse. Je ne cesse de sauter le pas du réel, partout je ne vois que des coordonnées ; et ta robe, et tes mains, et ton front ne font d’ici que lieux où il faudrait retourner.

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