Insomnie #17 – L’ouragan

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madame j’ai reçu votre tempête et je l’aime

je l’ai regardée longtemps la nuit et j’y ai vu les

monts pluvieux d’Oural de montagnes lointaines

innommées comme le sont les montagnes

l’ouvrant j’ai pleuré d’amour pour l’orage

une grande nuit débordait des fenêtres

j’étais seul j’aimais

toute la chaleur m’était tombée des mains

faut-il toujours que j’aime ainsi

d’un coup

madame les choses ne m’appartiennent plus

elles sont entières à votre ouragan

j’ai cherché à lui plaire mille fois

mille fois j’ai embrassé du vent

il m’est impossible de vivre sans transformer tout

en vagues immenses

ma baignoire hier est devenue océan

je crains de m’y laver en raison des baleines

que j’ai en horreur

le thé que je buvais autrefois par litre

déferle en rouleaux au milieu du salon

tout a été transformé en drapeaux en fanions en banderoles

je suis sujet à otite sévère

à cause des rafales qui traverses ma chambre

mais je l’aime madame votre tempête

et son silence m’accompagne

pour dormir quand je n’y arrive pas

quand je pense à madame

alors qu’il ne faut pas penser

je l’aime votre tempête parce qu’elle très commode

pour s’y noyer et y vivre

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