Insomnie #23

20170204_171029 (2)

sortir prendre l’air
l’arracher aux mains des
plus étouffés que soi

avoir l’air en l’ayant volé
la bouche avide
ruine ce qu’elle embrasse

au vide
donner le nom de joie
et à tout ce qui se changera

à tout ce qui se lasse
l’autrefois changé dans le ventre des choses
l’air battu de tendresse

l’ennui métamorphose
l’évidence en choses belles
l’amour en paresse

et ce qu’il nous laisse a le goût
de décembre de ses cendres
et de rien

sors prends l’air vole-le
aime avant d’être seul

L’autre

20170924_191203 (2)

voilà, me suis-je dit, l’apparition qu’il me faut

d’abord piétiné par un visage – le corps compte peu alors
éclatée par les néons
disparu mille fois revenu mille fois des obscurités

ensuite naît le secret
au fond des boyaux roule une pierre
œil agate topaze tombeau
le très lent fleuve de la parole doit venir mais rien
l’on se confond aux murs gorges couvertes
caché l’on ne dit pas nom
le vent même a le goût de la rumeur

et soudain le corps compte, étrangement
tout est évident et infâme
la pierre devient montagne
et ils savent

bientôt nous jouerons à n’être pas attendu en chemin
l’heure qui passe la rue le ciel et les nuits jetées
tordre le cou au hasard pour en faire de la destinée

enfin, voilà, me dirais-je, l’apparition qu’il me faut
j’aimerai jusqu’à l’à quoi bon

Voyageuse

20170910_191910 (2)

ma voyageuse éventrée
l’or a le goût des courbures de la terre
le parc l’odeur fanée de la tendresse

l’angoisse colle à la gare mon vieux rêve
je vous suis depuis le judas
creusé dans votre chair

mon échappée tête tournée
dans la tristesse
d’octobre

ma voyageuse épousée
mon ennui creusée dans
la cloison

l’os nu du désir et des fenêtres closes
allons dans la paresse
empoisonnée