Le sentiment

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Je ne peux me sauver des choses en m’aveuglant mille fois. Hier soir je marchais vers les Halles et le mensonge était partout. L’odeur de lessive et de fenêtre ouverte, le ciel donné en pâture, jeté dans un grand feu : comme la tristesse est étrange quand on la cache un peu. J’ai pensé, pensé beaucoup entre la place et chez moi, mais penser n’aide pas ou si peu. Le monde a sur les idées l’avantage d’exister et, même si nous voudrions croire l’inverse, la peau gagne toujours sur la pensée. Au Prinal une pluie remontait le temps jusqu’à ma joie. Je voulais agir, je le promets, mais les commencements portent en eux un deuil impossible à faire. Aussi j’attends la vie par peur de la gâcher, je préfère les portes jamais ouvertes aux portes closes à jamais. On peut vivre si peu. Mais les choses ne se vivent qu’une fois puis ne se vivent plus. Et souvent, comme hier, j’aime le monde avant de l’avoir vu. Peut-être lui dirais-je un jour, peut-être viendra de moi quelque chose que je voudrais défendre assez pour le lui dire.

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