L’orange

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Être attendu quelque part hier
Rendu au rendez-vous manqué
Être qui attend quelqu’un qui est passé
Qui était là qui ne l’est plus
Être révolu qui n’a pas voulu à temps
Mais qui veut encore refoulé à la porte

Comme on sent la frontière qui nous exile du passé
L’œil passé à la fenêtre
La pupille, la rétine, la cornée
Brûlée d’un même regret d’une même nostalgie
Clarté universelle et brutale
Unique lumière figée de ce qui a vécu

Être fondu à une mémoire
Qui ne lui appartient plus
Qui feint de se souvenir
Pour feindre d’avoir vécu
Qui va quartier par quartier
Convoquer les quais multiples
De multiples villes non-vues
D’oranges non-goutées
De corps non-touchés
De cous non-sentis
De cloches qui n’ont jamais sonnées

Comme on entend un appel qui ne nous est pas destiné
Retourné pour rien vers le vide
On douterait d’avoir existé pour personne
Chaque fois après cela notre prénom résonne
Pour quelqu’un d’autre que soi

Être qui n’est qu’à rebours
Qu’on ne rencontre par hasard
Qu’après un détour
Qui n’est jamais là où on l’attend
Car il attend lui-même
Là où vous l’attendiez
Être entrevu éternellement reportée
Ancien avant d’avoir été
Âgé avant d’être né
Attendu avant d’être appelé

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