3:49

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3:49 – Il va de la nuit comme de la nausée.
depuis trois heures La nuit remue a été posée
et je vais du bureau à la fenêtre sentir
ce que ma nuit a à me promettre
et ce qu’elle ne m’a pas donnée.

« Quand donc pourrais-je parler de mon bonheur ? »
Faut-il toujours ouvrir au hasard les pages qui nous fendent le cœur ?

4:01 – Ni icebergs ni prophéties ni propriétés :
la nuit est immobile comme toutes les nuits d’été,
les objets aspirent à ce sommeil des choses
qui tue la pensée et le désir de vivre.

« Dans notre vie rien n’a jamais été droit »
Comme je voudrais pouvoir dire « notre vie »
même nuque penchée,
même corps courbé
– vieil arbre au-dessus des rivières.
Comme je voudrais pouvoir haïr
la pensée qui s’est toute entière
retournée contre moi.

Pour celui qui m’espionnerait de l’immeuble d’en face,
j’essaie de prendre la face, le visage d’un homme
qui est en affaire avec le monde entier.

4:20 – J’ai éteint la lumière
et mon écran s’est couvert
d’insectes nocturnes.

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