Héloïse – p. 57 – La honte

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Beauté volée vers avril, dans le soir,
rendue la nuit même, sans rien dire ;
rendue comme on rend la monnaie,
honteuse d’avoir été voleuse de pierres.

L’amour rend pareil qu’un enfant
fâché d’avoir à sortir de l’eau
pour raison d’orages. On peut dire :
que le vent va passer loin au-dessus de la plage,
que les éclairs ne touchent même pas la mer
et qu’il fait beau. Notre mère sait que c’est faux
et l’on sort à la fin en hurlant.

Comme je veux être rendue inutile par des baisers !
Faut-il être heureuse ou faut-il être noyée ?
Ma nuque est ployée du désir d’avoir un corps
que je ne possède plus.

Que faire de ces domaines où l’on vit comme chez soi longtemps,
paisible locataire de la fin des temps,
où nous habitons des choses qui nous habitent
et qui soudainement nous évitent,
nous expulsent et nous nient ?

Je suis lassée d’être amoureuse d’une vitre.
Vers où va mon regard ? Je ne sais, mais
je voudrais qu’il se détourne des anciennes icônes :
j’embrasse qui le veut pour devenir aphone.
Ma haine banale signe le rassemblement
des poncifs. Les jardins de mai ne sont
que des lieux communs.

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