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Ce que j’ai à dire devient trop tard une véritable parole. Je ne me connais que des conversations interrompues – point où nous nous laissions seuls, avant-hier, et qui restera longtemps, devant moi, toi peut-être, une pierre à soulever. Et si je m’imagine quelque fois revenir aux coordonnées d’une discussion laissée derrière moi, avec le souhait très fort d’y prendre la parole, je ne le pourrais plus. Ni toi, ni moi ne savons où se trouve, désormais, l’endroit où nous touchions du doigt notre silence commun. Tes tendresses ont les mains pleines d’une voix qui n’est jamais la mienne.

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