Les couples aux bâtons de marche

Les couples qui se déplacent, l’un derrière l’autre, sur les chemins de randonnées, avec dans chaque main, un bâton de marche en plastique acheté à Décathlon me causent la plus grande des nostalgies – regret anticipé de ce qui jamais n’habitera en moi. Au fond, je suis pour la plupart des choses une région hostile. Je n’accueille presque rien. A combien de sentiments ai-je refusé l’asile ? De ce couple qui descend maintenant la montagne je ne possède rien. Ni leur volonté, ni leur effort ne sont les miens. Ni leur regard, ni leur amour, ni leur style. Je ne suis pas leur frère, leur fils, leur père ou leur amant. Je ne suis pas la pierre qu’ils viennent de fouler. Je ne suis pas la branche qu’ils déplacent pour passer. Je ne suis pas le bruit de leur respiration. Le vent qui fait gonfler leur veste ne me touchera pas. Les fougères qu’ils frôlent aussi me méconnaissent.

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