5. Carnet de prison – Trouer la peau

Comme vous autres dehors, je croyais avant d’arriver ici, dedans, qu’il n’y avait que de la violence en prison. Je suis bien conscient, d’ailleurs, que mes lettres doivent te donner cette impression.

Rien n’est plus faux.

La prison est l’espace le plus pacifié qu’il soit.

Au lieu de s’éterniser comme dehors, les combats ici ne durent qu’un instant. La mort en promenade est expéditive et très douce. Hier soir, j’ai vu un camarade tomber mollement dans la neige et mouiller de sang le gel bleu de la cour intérieure. Peut-être avait-il un petit trou sur le côté du cou, qui sait ?

Il est absolument nécessaire d’avoir ceci à l’esprit : rien n’est plus doux que la prison.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s