écrire avec les pieds.

J’écris avec les pieds : je foule

la terre où le bleuet fleurit,

l’écrase. Je fais du poison

de poésie : je broie menu

le sureau ligneux qui tue vite.

Mes talons fendent le grain nu,

le dangereux grain des poèmes,

la graine qu’attendent les faunes

derrière un lazaret, muraille

de grands verbes inusités

qui rendent malades de haine

mais qui ne les achèvent pas.

J’avance d’un pas décidé,

mascaret d’un fleuve synchrone,

mes vers sont de chevilles et

de mollets, de voûtes courbées

et d’orteils et de muscles et

de nefs. Torsion. Scansions.

Mes pieds sont le trône d’idées

irrespirables – violents

rêves, violentes pensées,

désirs violents à l’odeur

insoutenable.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s