Désagrégé d’ennui

Dans une salle de cours d’un lycée parisien, j’étudie la géographie de l’ennui, son organisation spatiale, sa disposition territoriale.

Les chaises de bois blanc laqué alignées devant les tables de bois noir. Les fenêtres entrouvertes aux petits carreaux gris. L’épine jaune des arbres de la cours qui découpe le ciel en deux. Le raclement des chaises. Le frottement du papier.

Dans le ventre de l’ennui, région localisée entre la porte ouest et la fenêtre sud, les sucs digestifs de l’apathie, de la fatigue et de l’angoisse se mélangent et me digèrent à moitié. Être digéré à moitié c’est cela l’ennui dans sa forme la plus pure. L’ennui ne saurait nous digérer entièrement. Nous ne sommes pas réduit à l’ennui, mais émietté par l’ennui, comme l’enfant émiette la mie du pain en attendant l’autorisation de « sortir de table 

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