La corvée – vingt-deuxième lettre.

Être de corvée avec C. est ce qui m’arrive de pire ici.

C. est aliéné à son espoir de COMPRENDRE et il ne cesse de parler en même temps que nous frottons le sol avec le savon noir et puant qui sert ici à tout laver (sol, mur, linge et visage).

En prison, tu comprendrais ceci : les gestes, je veux dire, le fait de mettre son corps en mouvement, ne sert qu’un seul projet : l’oubli. Repousser l’obscure mémoire. La réminiscence, que tu connais mieux que moi, c’est le réel qui te crache à la figure.

La corvée sans C. est une bénédiction car frotter est un geste d’oubli par exemple et une attitude d’amnésie parfaite. Mais C. reconvoque par le langage la mémoire que tous nous voulons repousser. Le recueil de C., la parole de C., tout montre que C., pour une raison quelconque, ne cesse de vouloir SE SOUVENIR. A quoi sert le souvenir pour celui-ci chez qui rien ne survient plus ? Mystère.

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