Leçon d’agrégation

Tenir une leçon sur le thème : « Bonheur et lucidité ». Je commence à écrire. Comment est-il seulement possible d’en dire encore quelque chose, de ce poncif littéraire de l’impossibilité du bonheur pour un esprit conscient ? Peut-être donner à lire à mon examinateur un livre de Pessoa ou de Dagerman pour me délivrer d’une question qui ne m’incombe plus puisqu’elle a été déjà été prise en charge par tout le monde.

Où faut-il que j’aboutisse ? A cette conclusion poussiéreuse qui ferait de l’existence des jambes alanguies agitées d’impatiences, animées de spasmes et de questions sans réponses ? Au formidable retournement de l’argument considérant que la lucidité bénit autant qu’elle maudit l’être qui voit clairement ? Condition nécessaire quoique difficile d’une existence vouée aux énigmes ?

Ma pensée est transparente. Elle ne retient ni lumière ni particules volatiles. Pensée de haute atmosphère, où la pression diminue tellement qu’il ne se passe rien.

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