Orphelinat – vingt-septième lettre.

Si mes parents m’ont autrefois aimés, ils sont aujourd’hui indifférents. Mon père n’a pas cessé son travail de force et peut encore soulever des pierres. Moi, il ne me soulève plus.

Les portes passées, c’est l’orphelin que je suis devenu. L’orphelin est celui à qui personne ne veut répondre quand il dit « sauve-moi ». A qui même parle-t-il ? Tout le monde l’ignore.

Je t’ai donné, par exemple, un nombre INCALCULABLE, d’indications précises : ce n’est pas suffisant. L’amour, circonscrit entre les murs, briques, fissures, est d’une nécessité incommensurablement plus grande que l’amour décloisonné du monde. Les prisonniers comme moi – ceux qui ne se couchent pas simplement sur le sol – savent qu’une sorte d’amour existe et qu’il est infini et qu’il est à peu près perdu au moment même où on en prend conscience. Ce que je veux te dire c’est que je RECONNAIS PARFAITEMENT tes efforts, et c’est pour cette raison que je suis capable de te dire qu’ils sont PARFAITEMENT INSUFFISANTS.

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